mardi 24 avril 2012

Rien ne s'efface

Ma chère épouse, mes chers enfants et petits enfants, mes chers amis,
si vous êtes réunis aujourd'hui autour de moi c'est pour célébrer une fête. La mort fait autant partie de la vie que la naissance! Et puis j'ai 90 ans il est temps pour moi de partir!
Pleurez, riez, chantez, mangez avec appétit, ne soyez pas tristes et sombres.

Ne culpabilisez pas de ce qui aurait dû ou ce qui aurait pû être. Souvenez-vous de nos fous-rires, des jours où je racontais des blagues pas très drôles et quand je chantais debout sur la table. Souvenez-vous des moments ou nous étions heureux.

Aujourd'hui je pars,
je ne serais plus jamais le même dans vos yeux, mais je serais toujours le même dans votre coeur.
L'amour que je vous ai donné, tout ce dont on a parlé, tout ce qu'on a partagé, rien ni personne ne peut le reprendre et vous accompagnera tout le long du chemin.

Acceptez de me dire au revoir et vous serez libres. Libres de vivre votre vie. Libres du passé et de son poids, libres de rêver...

Il y a une dernière chose que je souhaite vous dire,alors que nos chemins se séparent aujourd'hui.
Vous allez rire, c'est un enseignement vieux comme le monde et si simple à la fois.
Aimez-vous les uns les autres. Restez toujours ensemble. Ensemble on est plus fort, ensemble on se serre les coudes, ensemble on ne laisse jamais le faible sur le bord du chemin.
Ne restez pas sur des querelles stupides. Apprenez à mieux communiquer, Apprenez à vous connaître, allez vers les autres et pensez aux autres, ne soyez pas auto-centrés et égoïstes, allez à l'essentiel!
Le mot du jour, celui que je devais trouver chaque jour dans mes mots croisés c'est l'essentiel et ça s'écrit en cinq lettres, ce mot c'est AMOUR.

lundi 16 avril 2012

Young Adult : que deviennent les reines du bal?

Mavis Gary est une célibattante qui se respecte, auteur d'une série de romans pour ados, elle vit à Minneapolis où elle enchaine les sorties, gueules de bois et aventures sans lendemains. Lorsqu'elle reçoit un faire part de naissance de la part de son ex du lycée, elle est persuadée qu'il n'est pas heureux et qu'il faut qu'elle aille le secourir pour retrouver le bonheur à ses côtés. 

Véritable vamp, accro à la mode elle est persuadée de son charme sans faille. Garce et imbue de sa personne elle est prête à tous les coups bas pour regagner le cœur de celui qu'elle aimait. 
Le hic c'est que les choses ne se passent pas vraiment comme elle l'avait  imaginé.


Petit à petit on sent que le vernis commence à craquer.

Charlize Théron apporte à Mavis une force et une sensibilité hurlante de vérité. L'autre personnage fort du film est l'acteur Patton Oswalt, connu pour son doublage du rat de ratatouille et pour sa performance dans l'excellente série the United States Of Tara. Il interprète un ancien camarade de Mavis, looser magnifique,  détruit par un molestage collectif qui l'a laissé handicapé. 

On aurait pu penser avec un tel scénario assister à une comédie avec rebondissements multiples, Or Young Adult est un film lent, qui plonge dans la psychanalyse, en décortiquant la personnalité de cette reine de bal déchue. Cette jeune femme qui croyait sa supériorité évidente et qui petit à petit prend conscience de la douleur de sa solitude, de ses failles et de ses manques affectifs. 

mardi 13 décembre 2011

Intouchables ou la polémique épidémique

Lorsqu'un film fait un tabac, il s'en suit un manège de polémiques, qui n'est pas vraiment touchant.

Parce qu'un film qui marche est forcément un immonde navet larmoyant fait pour des machouilleurs de pop corn. 

Le vrai film, celui qui est dit d'auteur, n'attire pas les foules car bien trop puissant pour le commun des mortels.

Le problème d'intouchables c'est qu' il joue non seulement avec le cliché du mec de banlieue et celui du mec riche à millions, mais aussi avec l'image du corps handicapé qui est un tabou énorme en France.

Libération a qualifié le film de bisounours, tandis qu'un blog des inrocks l'a carrément descendu haineusement alors que le journaliste ne s'est même pas déplacé pour voir le film et pire il l'a avoué!

On a pu lire dans le NY times que le personnage était le stéréotype du mec de banlieue inculte et pire dans Variety que le film était rasciste… alors là, j'ai envie de dire, on a pas du tout vu le même film… parce que justement dans ce film il y a quelque chose qu'on ne montre pas souvent : le personnage de Driss est peut-être inculte pour certaines choses, mais il a mieux, il a de l'esprit, de la curiosité et l'envie d'évoluer!
Le personnage de Philippe n'est pas le stéréotype du mec riche qui s'emmerde dans sa cage dorée, mais du gars ouvert d'esprit qui dépasse sans arrêt ses limites.
 Le corps handicapé, on sait jamais trop comment en parler, on a toujours une certaine gêne, la peur de n'avoir pas les bons mots ou les bons gestes. Là dessus aussi les réalisateurs marquent un bel essai, car non seulement le film peut être cru lorsqu'on commence à comprendre à quel point Philippe est dépendant, mais aussi ils se paient le luxe de la moquerie qui est là pour dédramatiser parce qu'après tout le plus important c'est vivre malgré tout. 

Et puis il y a l'amitié qui nait entre ces deux hommes que tout sépare et là les critiques trouvent ça trop gentil.

Alors si ces messieurs, dames  charmants critiques trouvent ça cul-cul c'est vraiment dommage pour eux... Dommage d'être aussi cyniques et convaincus d'un super Élitisme.

Alors si le film fait l'unanimité chez la ménagère de moins de 50 ans mais aussi chez le monsieur tout le monde de 7 à 77 ans on peut tout simplement dire bravo de faire un film qui rassemble et merci de nous faire rire, on en a bien besoin.

mercredi 5 octobre 2011

Crazy stupid love : le jeu de l'amour et de la séduction

 


Cal joué par Steve Carel dont le potentiel comique n'est plus à prouver forme un couple magnifique avec Julian Moore. C'est un père de famille bien dans ses baskets, à la bedaine prépondérante avec l'âge, si bien qu'il en oublie l'essentiel... être un homme.


Il vit des jours tranquilles, avec sa femme et ses enfants qu'ils font garder de temps en temps par une ravissante baby-sitter, pour aller diner au restaurant. Au dessert c'est la crise, l'épouse de Cal lui annonce qu'elle veut divorcer. 
Cal s'enferme dans un autisme prononcé, se jette de la voiture et veut quitter la maison au plus vite.

Comment être encore désirable après 25 ans de mariage? comment ne pas perdre sa virilité et son sex appeal quand on joue plus le rôle de bon père, jardinier et époux? 
Rien de plus simple un love coach!

Les réalisateurs John Requa et Glenn Ficarra à qui l'on doit l'excellent "I love you Philip Morris" nous offrent un film surprenant avec des ressorts scénaristiques désopilants. 
On a l'impression d'être dans une pièce de théâtre où badinage, quiproquos et sous-entendus font loi pour le bonheur du spectateur qui jubille dans quelques scènes d'anthologie.
La psychologie des personnages est juste et bien dosée, dans ce film à tiroir où sont traités avec profondeur comme avec légèreté les thèmes du couple, de l'amour et de l'engagement. 



lundi 12 septembre 2011

La parisienne... femmes je vous aime


Dimanche 11 septembre sur le pont d'Iena, au pied de la tour Eiffel, on se sent toutes petites, parmi les 26000 femmes qui prennent le départ de la course.
Des femmes de tout âge, de tout niveau et de toute condition physique qui sont là ce matin pour effectuer un parcours de 6km en boucle autour de la Seine et participer à des actions au profit d'associations caritatives.

Six vagues de départs sont prévues pour éviter le coude à coude. Nous faisions partie de la dernière vague. Nous avons donc attendu sous une pluie fine, pendant près d'une heure trente avant de pouvoir enfin prendre le départ.
Mais bizarrement cette attente était sereine, enjouée, nous étions encerclées par des femmes qui criaient, riaient, râlaient aussi et cette ambiance nous tenait chaud et nous mettait du baume au cœur.
C'est donc vers onze heures que nous avons pris le départ sous la pluie. Mes amies plus sportives que moi prennent de l'avance et je cours tranquillement à mon rythme mon but n'étant pas de faire un super chrono mais de finir la course. Derrière les barrières les supporters sont nombreux, des copines, des mamans, des hommes, des enfants qui tiennent des pancartes : « allez maman t'es la meilleure » ! des musiciens jouent des airs enjouées avec des percussions qui rythment notre course et nous motivent.

Les coureuses sont habillées avec mille couleurs, beaucoup d'équipes sont déguisées, on peut ainsi croiser des vaches, des robes chinoises, des perruques roses, des tours Eiffel, et là mais qu'est ce donc que ces jambes poilues? Oui! un poilu s'est glissé dans une équipe...

Au troisième kilomètre un stand d'eau est dressé, j'attrape un verre et essaie de boire... je me rends compte que c'est pas si facile que ça de boire et courir en même temps... total je me jette le verre au visage et je continue. C'est la moitié de la course je me sens bien.

Le cinquième kilomètre marque un tournant je commence à manquer de souffle mais je me dis allez plus qu'un petit kilomètre, et là derrière la barrière un homme crie mon prénom qui est écrit sur mon dossard. Ça me galvanise, je continue, plus que 500 mètres, les musiciens s'en donnent à coeur joie, je me sens pousser des ailes, je vois la ligne d'arrivée, je sprinte, yes! Objectif atteint...




lundi 29 août 2011

J'aime...J'aime pas...

J'aime sentir l'odeur de l'herbe fraîchement coupée, l'odeur qui vient dans le vent juste avant la pluie, l'odeur des bébés.

J'aime les jonquilles dans les bois, les coquelicots dans les champs, découvrir un cèpe sous une feuille.
Voir la montagne quand je me réveille.
J'aime m'allonger dans l'herbe et regarder les étoiles.
J'aime le crépitement des feux d'artifices, le bruit quand on débouche une bouteille, le bruit du moteur de l'avion avant le décollage.

J'aime quand il caresse mes cheveux et mon visage, quand ses yeux bleus pétillants sont dans les miens, quand il me serre fort dans ses bras. J'aime le réveiller en pleine nuit pour l'enlacer.

J'aime pas l'odeur du métro et des oeufs pourris, j'aime pas l'odeur du frigo quand j'ai laissé un bout de fromage, j'aime pas les chrysanthèmes, j'aime pas les oeillets, j'aime pas les serpents.
J'aime pas le bruit des voitures le matin, j'aime pas entendre siffler le train.
J'aime pas le bruit du verre qui grince. J'aime pas quand il me pince...
J'aime pas quand il me dit des mots que j'aime pas, j'aime pas quand il s'en va.



lundi 22 août 2011

La piel que habito : un thriller rétro-futuriste émouvant

Une Femme, des yeux ravageurs, une combinaison futuriste qui souligne le corps, sublime les formes, les courbes des seins, le galbe des hanches. Elle est là, dans cette antichambre où elle s'ennuie. Ses seules occupations consistant à écrire sur les murs, à prendre soin d'elle en s'astreignant à des exercices de yoga réguliers.


Elle s'adonne aussi à l'art de déchirer des robes pour les coller, comme des morceaux de peau, sur des sculptures de visages morbides. Qui est-elle? Est-elle folle à lier? Pourquoi est-elle prisonnière?
Le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique joué par un Antonio Banderas, incarnant la masculinité avec son orgueil, sa folie et sa puissance. On ne peut pas ne pas penser à son rôle dans attache-moi sorti en 1990.

Pedro Almodovar  traite une fois de plus le sujet de ce qu'est qu'être Femme au travers de personnages forts comme Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, jouée par Marisa Paredes son actrice fétiche et Vera femme parfaite? interprétée par Elena Anaya clone de Penelope Cruz?

Ce dernier opus est magnifique, sensuel, puissant, émouvant. Il y a du Hitchcock, Il y a du Frankenstein, même un peu d'univers Lynchien -que vient faire ce tigre dans le film?-
Et la patte du maître reconnaissable entre toutes avec son univers vintage aux couleurs éclatantes, sa mise en scène coupée au couteau et sa BO émouvante à en pleurer.


Découvrez la playlist la piel que habito avec trentmoller


jeudi 26 mai 2011

Keren Ann et Doriand en concert le 25 Mai à la Cigale

16h30 J'actualise ma page facebook et je vois une actualité du journal « à nous Paris » Il reste encore quelques places à gagner pour le concert de Keren Ann, qui ne tente rien n'a rien, je joue. J'envoie un mail. Quelques minutes plus tard, je reçois un mail de la responsable communication, j'ai deux places à mon nom qui m'attendent sur place. Je n'y crois pas, je relis une deuxième fois.
Je suis fan de Keren Ann depuis son premier album en 2000 « la Biographie de Luka Philipsen. »
J'avoue que je préfère quand elle chante en français parce que sa voix a quelque chose de puissant et de légèrement éraillé. Mais je suis folle de joie, j'appelle mon acolyte de concerts et go!


20h Un parfait inconnu « pour moi » entre sur scène sans se présenter et commence à chanter ses titres en français avec des textes très originaux et une superbe musicalité. Son look d'avocat ou de courtier en assurances est un peu déstabilisant. Il n'est pas vraiment très à l'aise.
Qui est donc ce chanteur à la voix suave qui nous emmène dans son univers? Il chante une de ses dernières chansons en nous disant que c'est une chanson écrite avec Édith Fambuena qui l'accompagne à la guitare sur scène. Les bords de mer de Julien Doré... Incroyable! Cette chanson dont le texte me fascine, c'était eux, magique... Je fais quelques recherches pour palier mon manque de culture. Vive les smartphones... Doriand est un auteur que tout le monde s'arrache. Il a travaillé avec Alain Bashung, Sylvie Vartan, Emmanuelle Seigner, Keren Ann et Peter Von Poehl. Non non non de Camélia Jordana c'est lui , m'en voulez vous? de Pauline Croze c'est lui aussi.
Loin d'être un débutant il a déjà trois albums à son actif et un quatrième qui sortira au mois d'octobre. Doriand n'a pas grand chose à faire pour être génial, il a une voix de folie, des textes magnifiques et originaux, il lui manque juste la rock attitude...

21h Keren Ann entre en scène, un grand rideau blanc, le chiffre 101 en lumière rouge, titre de son dernier album, le set démarre avec la chanson en compte à rebours.
La lionne entre en scène, surprise, elle est blonde platine, robe noire glam-rock. Elle interpelle le public « Vous savez? Vous là? vous êtes comme un merveilleux amant que je n'ai pas revu depuis trois ans et demi, c'est pour cela qu'il me fallait une nouvelle coiffure et une nouvelle robe. »
Le public jubile, Keren se lâche, ondule, danse, c'est une vraie bombe sur scène, sensuelle, sauvage, autour de moi les hommes tombent comme des mouches. L'ambiance psychédélique de la salle, est mise en scène de main de maitre avec des jeux de lumière somptueux et des images géantes suggestives.
Les titres s'enchaînent avec rythme et des arrangements folks et rock qui nous laissent sans voix. Elle joue quelques titres de ces précédents albums comme not going anywhere, it ain't no crime, sailor et widow.
Le public acclame la reine de la soirée, avec respect et chaleur, les corps se déchainent pour my name is trouble hymne folk éléctro.
Deux rappels au total avec un trio avec Doriand et Karen Burnon, son acolyte de Shelby (son premier groupe) et une sublime reprise de Bob Dylan. Le set se termine avec une version endiablée de my name is trouble, arrangement encore plus rock, un cadeau!!! différent de la version album.
1h40 de show au total dont on ressort reboosté par les ondes électriques et une attente, Keren repasse à Paris fin Août pour Rock en seine.

lundi 23 mai 2011

Minuit à Paris : Jolie fable temporelle


Un couple américain, dont le mariage est prévu à l'automne est à Paris pour quelques jours de vacances. Gil, Owen Wilson est un auteur de séries télé à succès mais rêve d' écrire un premier roman. Fan du Paris des années 1920, il aurait rêvé de vivre à cette époque où l'on dansait le swing dans les caves de Saint-Germain des Près et l'on pouvait cotoyer Pablo Picasso, Salvador Dali et Ernest Hemingway. Et si ce fantasme devenait réalité lorsque sonnent les douze coups de minuit?
Woody Allen nous livre une jolie fable temporelle, ode à Paris et à ses plus grands artistes.
Ce voyage dans le temps à quelque chose de magique,c'est drôle, intelligent, la musique nous envoûte, la mise en scène tourbillonne, on aime la vie, on aime la pluie!

jeudi 24 mars 2011

L'agence : Et si votre destin était décidé par d'autres?

David est un homme politique qui a un brillant avenir devant lui. Lorsqu'il fait la connaissance d'Elise, une jeune femme pétillante et sans tabous, il tombe amoureux au premier regard et cela lui inspire un discours éclatant de sincérité qui fait immédiatement augmenter son capital sympathie.

Et si cette rencontre n'était pas due au hasard? si les contours du destin pouvaient être dessinés sur un carnet? Si le libre arbitre n'était qu'une illusion?
Ce film adapté d'un roman de Philip K-Dick à qui on doit entre autres minority report et blade runner nous emmène dans un monde à part avec une dimension mystique, où l'on peut défier le destin, s'engouffrer dans des passages secrets et voir les contours de l'invisible...

Pour cela Georges Nolfi, nous emmène avec lui dans ses jeux de lumières à la frontière du réel et de l'iréel, crée des agents spéciaux qui ressemblent étrangement aux observateurs de la série fringe... Et recentre son film au niveau émotionnel des personnages, ce qui fait qu'on croit à cette histoire d'amour et qu'on en redemande!
 

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