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mercredi 3 avril 2019

La Mule : Clint Eastwood en a encore sous le capot !

A 88 ans, Clint Eastwood nous prouve qu'il est plus que jamais dans le vent, avec la Mule, un film intergénérationnel, où bat le pouls de la vie ! 

La Mule au très long drive : éloge de la lenteur

 

Au menu, un charme irrésistible et rebelle, de la bienveillance, de la sérénité...
Ici, pas de courses poursuites spectaculaires de cascades et de voitures en feu, mais de la lenteur, un flegme en arme subtile,  rempli d'humour, d'esprit et de délicatesse. 
Le personnage octogénaire de Earl nous surprend par son éloquence sans filtre, son piment et sa fraîcheur.

You're a late bloomer ... 

 

Au fil de ses films, Clint Eastwood a joué et rejoué la relation complexe avec sa fille, jouée ici par sa véritable fille Alison. Leur relation trouve ici un parfum de rédemption.
"You're a late bloomer" Tu t'épanouis tardivement... lui dit sa fille devant un parterre d'hémérocalles, fleurs éphémères (en anglais day lilies, « lys d’un jour »). On peut les voir comme des métaphores de la beauté de l'instant présent...

Dis Clint t'aurais pas maté breaking bad par hasard ? 

 

 

Chez Clint, pas d'après-midi en charentaises devant la télé, les feux de l'amour ne sont décidément pas pour lui... On l'imagine plutôt regarder Breaking Bad en loucedé en se disant qu'il aurait bien aimé jouer le personnage de Bryan Cranston :) 
Heureusement pour nous qui nous délectons de cette histoire vraie ! A la fois sombre et lumineuse, cynique, drôle et surprenante. 

Coup de coeur pour la Bo avec la chanson "Don' let the old man in" bijou de tendresse et de simplicité qui va à Clint Eastwood à la perfection :)

mardi 26 février 2013

Wadjda : Le vélo qui vole

Quoi de plus naturel pour un enfant d'apprendre à faire du vélo. Parce qu'apprendre à pédaler c'est déjà le premier pas vers l'indépendance. Dans mes souvenirs d'enfance, je revois encore les petites roulettes, mon père qui les enlève et qui me pousse pour qu'enfin je m'élance, les nombreuses gamelles, mais aussi cet incroyable sentiment de liberté.

Seulement Je suis née en France et ce sentiment très naturel s'effrite alors que je me retrouve devant "Wadjda", premier film réalisé en Arabie Saoudite, étant donné que tous les cinémas ont étés fermés en 1980 par le gouvernement du royaume wahhabite.  Ce film bouleversant, a de plus été réalisé par une femme, la réalisatrice Haifaa Al Mansour ...  Qu'en aurait-il été si j'étais née là-bas?

Là bas, les femmes ont juste le droit de respecter les règles qui leur sont imposées par la religion et par les hommes. L'école, qui de notre point de vue, est davantage gérée comme une prison, éduque les fillettes à peu à peu, endosser les règles qui les privent de leur liberté.

Au travers du regard de Wadjda, écolière de 10 ans qui rêve d'acheter son propre vélo, on se mèle au coeur de ces hommes et de ces femmes, pour qui les traditions et "l'honneur" légitiment les pires discriminations.

Naître femme est presque une honte à en voir l'arbre généalogique du père de Wadjda qui ne retient que les noms des hommes. Les bicyclettes, sont réservées aux garçons parce que ces engins seraient soit disant des voleurs de vertu.

Ce regard de fillette, intrépide, innocent, rempli de fraîcheur et de détermination  m'a touchée au plus profond. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la réalisatrice qui est elle même un peu comme Wadjda, dans le désir d'un jour nouveau, dans le désir de changer les choses, pour qu'enfin toutes les petites filles puissent s'envoler,  au guidon de leur vélo.   
   

lundi 21 mai 2012

De rouille et d'os : De chair et d'émotions


Jacques Audiard nous a habitué dans ses films à des personnages cassés par la vie, brisés, handicapés. On n'est donc pas dépaysés de son univers à la vision de son dernier film.

Matthias Schoenaerts est un acteur qui ne laisse pas indifférent, montagne de muscles, regard bleu transparent, mystérieux. 

Il joue le personnage d'Ali, qui débarque à Antibes chez sa soeur, sans argent, avec son fils sous le bras. 

Audiard les filme sous une lumière où ils semblent parfois jumeaux, avec ce quelque chose de sauvage qui vient de l'enfance. 

Ali croise la route de Stéphanie, qui perd ses jambes lors d'un terrible accident, filmé magistralement, avec rigueur et minimalisme. 

Lui amputé du coeur, n'exprime pas ses émotions, elle amputée des jambes doit réapprendre à vivre. 

Dans ce rôle, Marion Cotillard est forte, intense, lumineuse. Sans fard, elle arrive à nous raconter cette histoire de manque, avec simplicité et pudeur.

Sans empathie, sans compassion, Ali aide peu à peu  Stéphanie à se relever.
Lui continue à se battre, littéralement, jusqu'au moment où il va briser la glace... 



lundi 16 avril 2012

Young Adult : que deviennent les reines du bal?

Mavis Gary est une célibattante qui se respecte, auteur d'une série de romans pour ados, elle vit à Minneapolis où elle enchaine les sorties, gueules de bois et aventures sans lendemains. Lorsqu'elle reçoit un faire part de naissance de la part de son ex du lycée, elle est persuadée qu'il n'est pas heureux et qu'il faut qu'elle aille le secourir pour retrouver le bonheur à ses côtés. 

Véritable vamp, accro à la mode elle est persuadée de son charme sans faille. Garce et imbue de sa personne elle est prête à tous les coups bas pour regagner le cœur de celui qu'elle aimait. 
Le hic c'est que les choses ne se passent pas vraiment comme elle l'avait  imaginé.


Petit à petit on sent que le vernis commence à craquer.

Charlize Théron apporte à Mavis une force et une sensibilité hurlante de vérité. L'autre personnage fort du film est l'acteur Patton Oswalt, connu pour son doublage du rat de ratatouille et pour sa performance dans l'excellente série the United States Of Tara. Il interprète un ancien camarade de Mavis, looser magnifique,  détruit par un molestage collectif qui l'a laissé handicapé. 

On aurait pu penser avec un tel scénario assister à une comédie avec rebondissements multiples, Or Young Adult est un film lent, qui plonge dans la psychanalyse, en décortiquant la personnalité de cette reine de bal déchue. Cette jeune femme qui croyait sa supériorité évidente et qui petit à petit prend conscience de la douleur de sa solitude, de ses failles et de ses manques affectifs. 

mardi 13 décembre 2011

Intouchables ou la polémique épidémique

Lorsqu'un film fait un tabac, il s'en suit un manège de polémiques, qui n'est pas vraiment touchant.

Parce qu'un film qui marche est forcément un immonde navet larmoyant fait pour des machouilleurs de pop corn. 

Le vrai film, celui qui est dit d'auteur, n'attire pas les foules car bien trop puissant pour le commun des mortels.

Le problème d'intouchables c'est qu' il joue non seulement avec le cliché du mec de banlieue et celui du mec riche à millions, mais aussi avec l'image du corps handicapé qui est un tabou énorme en France.

Libération a qualifié le film de bisounours, tandis qu'un blog des inrocks l'a carrément descendu haineusement alors que le journaliste ne s'est même pas déplacé pour voir le film et pire il l'a avoué!

On a pu lire dans le NY times que le personnage était le stéréotype du mec de banlieue inculte et pire dans Variety que le film était rasciste… alors là, j'ai envie de dire, on a pas du tout vu le même film… parce que justement dans ce film il y a quelque chose qu'on ne montre pas souvent : le personnage de Driss est peut-être inculte pour certaines choses, mais il a mieux, il a de l'esprit, de la curiosité et l'envie d'évoluer!
Le personnage de Philippe n'est pas le stéréotype du mec riche qui s'emmerde dans sa cage dorée, mais du gars ouvert d'esprit qui dépasse sans arrêt ses limites.
 Le corps handicapé, on sait jamais trop comment en parler, on a toujours une certaine gêne, la peur de n'avoir pas les bons mots ou les bons gestes. Là dessus aussi les réalisateurs marquent un bel essai, car non seulement le film peut être cru lorsqu'on commence à comprendre à quel point Philippe est dépendant, mais aussi ils se paient le luxe de la moquerie qui est là pour dédramatiser parce qu'après tout le plus important c'est vivre malgré tout. 

Et puis il y a l'amitié qui nait entre ces deux hommes que tout sépare et là les critiques trouvent ça trop gentil.

Alors si ces messieurs, dames  charmants critiques trouvent ça cul-cul c'est vraiment dommage pour eux... Dommage d'être aussi cyniques et convaincus d'un super Élitisme.

Alors si le film fait l'unanimité chez la ménagère de moins de 50 ans mais aussi chez le monsieur tout le monde de 7 à 77 ans on peut tout simplement dire bravo de faire un film qui rassemble et merci de nous faire rire, on en a bien besoin.

mercredi 5 octobre 2011

Crazy stupid love : le jeu de l'amour et de la séduction

 


Cal joué par Steve Carel dont le potentiel comique n'est plus à prouver forme un couple magnifique avec Julian Moore. C'est un père de famille bien dans ses baskets, à la bedaine prépondérante avec l'âge, si bien qu'il en oublie l'essentiel... être un homme.


Il vit des jours tranquilles, avec sa femme et ses enfants qu'ils font garder de temps en temps par une ravissante baby-sitter, pour aller diner au restaurant. Au dessert c'est la crise, l'épouse de Cal lui annonce qu'elle veut divorcer. 
Cal s'enferme dans un autisme prononcé, se jette de la voiture et veut quitter la maison au plus vite.

Comment être encore désirable après 25 ans de mariage? comment ne pas perdre sa virilité et son sex appeal quand on joue plus le rôle de bon père, jardinier et époux? 
Rien de plus simple un love coach!

Les réalisateurs John Requa et Glenn Ficarra à qui l'on doit l'excellent "I love you Philip Morris" nous offrent un film surprenant avec des ressorts scénaristiques désopilants. 
On a l'impression d'être dans une pièce de théâtre où badinage, quiproquos et sous-entendus font loi pour le bonheur du spectateur qui jubille dans quelques scènes d'anthologie.
La psychologie des personnages est juste et bien dosée, dans ce film à tiroir où sont traités avec profondeur comme avec légèreté les thèmes du couple, de l'amour et de l'engagement. 



lundi 22 août 2011

La piel que habito : un thriller rétro-futuriste émouvant

Une Femme, des yeux ravageurs, une combinaison futuriste qui souligne le corps, sublime les formes, les courbes des seins, le galbe des hanches. Elle est là, dans cette antichambre où elle s'ennuie. Ses seules occupations consistant à écrire sur les murs, à prendre soin d'elle en s'astreignant à des exercices de yoga réguliers.


Elle s'adonne aussi à l'art de déchirer des robes pour les coller, comme des morceaux de peau, sur des sculptures de visages morbides. Qui est-elle? Est-elle folle à lier? Pourquoi est-elle prisonnière?
Le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique joué par un Antonio Banderas, incarnant la masculinité avec son orgueil, sa folie et sa puissance. On ne peut pas ne pas penser à son rôle dans attache-moi sorti en 1990.

Pedro Almodovar  traite une fois de plus le sujet de ce qu'est qu'être Femme au travers de personnages forts comme Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, jouée par Marisa Paredes son actrice fétiche et Vera femme parfaite? interprétée par Elena Anaya clone de Penelope Cruz?

Ce dernier opus est magnifique, sensuel, puissant, émouvant. Il y a du Hitchcock, Il y a du Frankenstein, même un peu d'univers Lynchien -que vient faire ce tigre dans le film?-
Et la patte du maître reconnaissable entre toutes avec son univers vintage aux couleurs éclatantes, sa mise en scène coupée au couteau et sa BO émouvante à en pleurer.


Découvrez la playlist la piel que habito avec trentmoller


lundi 23 mai 2011

Minuit à Paris : Jolie fable temporelle


Un couple américain, dont le mariage est prévu à l'automne est à Paris pour quelques jours de vacances. Gil, Owen Wilson est un auteur de séries télé à succès mais rêve d' écrire un premier roman. Fan du Paris des années 1920, il aurait rêvé de vivre à cette époque où l'on dansait le swing dans les caves de Saint-Germain des Près et l'on pouvait cotoyer Pablo Picasso, Salvador Dali et Ernest Hemingway. Et si ce fantasme devenait réalité lorsque sonnent les douze coups de minuit?
Woody Allen nous livre une jolie fable temporelle, ode à Paris et à ses plus grands artistes.
Ce voyage dans le temps à quelque chose de magique,c'est drôle, intelligent, la musique nous envoûte, la mise en scène tourbillonne, on aime la vie, on aime la pluie!

jeudi 24 mars 2011

L'agence : Et si votre destin était décidé par d'autres?

David est un homme politique qui a un brillant avenir devant lui. Lorsqu'il fait la connaissance d'Elise, une jeune femme pétillante et sans tabous, il tombe amoureux au premier regard et cela lui inspire un discours éclatant de sincérité qui fait immédiatement augmenter son capital sympathie.

Et si cette rencontre n'était pas due au hasard? si les contours du destin pouvaient être dessinés sur un carnet? Si le libre arbitre n'était qu'une illusion?
Ce film adapté d'un roman de Philip K-Dick à qui on doit entre autres minority report et blade runner nous emmène dans un monde à part avec une dimension mystique, où l'on peut défier le destin, s'engouffrer dans des passages secrets et voir les contours de l'invisible...

Pour cela Georges Nolfi, nous emmène avec lui dans ses jeux de lumières à la frontière du réel et de l'iréel, crée des agents spéciaux qui ressemblent étrangement aux observateurs de la série fringe... Et recentre son film au niveau émotionnel des personnages, ce qui fait qu'on croit à cette histoire d'amour et qu'on en redemande!
 

mardi 15 février 2011

L'usine de films amateurs de Michel Gondry


La galerie sud du Centre Pompidou a été reconvertie en studio de cinéma par le réalisateur Michel Gondry!
Du 16 février au 7 mars il vous offre la possibilité d'entrer dans son univers et de réaliser un rêve! Faire votre propre film!


Les visiteurs de son "Usine de films amateurs", réunis en groupes de 8 à 20 personnes, sont invités à s'emparer de l'espace d'exposition, des 15 décors et du matériel de tournage mis à disposition, pour y  écrire et réaliser, en trois heures, leurs propres courts métrages comme dans le film "soyez sympa, rembobinez"!
Attention ça va se bousculer au portillon! 


Pour en savoir plus :
http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/Prochainement/FDA759B974B019A8C12578180062639B?OpenDocument&L=1
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/02/12/avec-michel-gondry-le-centre-pompidou-se-transforme-en-studio-de-cinema_1479096_3476.html
http://www.puretrend.com/rubrique/actualites_r11/l-usine-des-films-amateurs-de-michel-gondry_a49287/1/m2#scrolldown

jeudi 10 février 2011

Black Swan : Le vilain petit cygne

Nina contrôle tout ; son corps, ses pulsions, ses fantasmes pour atteindre la perfection. Sa mère personnage ambigu à la fois protecteur et castrateur la guide dans cet ascétisme.  

Nina est choisie par Thomas, un Vincent Cassel séduisant et manipulateur, pour interpréter les deux personnages du lac des cygnes, à la fois le cygne blanc, fragile, pur, inaccessible et le cygne noir tentateur, fourbe, ambigu... A la recherche de l'émotion juste et de la perfection du mouvement Nina entre dans des eaux troubles où plus rien n'est sous contrôle à mi chemin entre folie et génie...

Création artistique,  émotions, gestes, mise en scène des corps... A quel point doit-on devenir ce que l'on crée pour être crédible, pour être vrai? Un rôle à oscar, pour Natalie Portman qui a souffert physiquement pour ce film! elle n'avait dansé que jusqu'à l'âge de 12 ans et effectue elle même tous les mouvements de tête et de bras des scènes dansées ainsi que les portés, les mouvements de jambes et les plans larges étant doublés par une danseuse professionnelle... le résultat est bluffant de grâce et de fluidité, les émotions profondes et intenses dans ce thriller étrange, surréaliste dont on ne sort pas indemne.

Je vous propose de lire cet article du Figaro qui parle de la préparation physique de Natalie Portman. http://www.lefigaro.fr/cinema/2011/02/09/03002-20110209ARTFIG00448-natalie-portman-prend-son-envol.php

lundi 17 janvier 2011

The green hornet : un super anti-héros!

Pourquoi Michel Gondry a décidé de faire un film de super héros à gros budget ? alors que c'est un cinéaste connu et reconnu pour ses clips et ses pubs déjantées et qui a dans sa filmographie des films très originaux et remarqués tels que Eternal sunshine of the spotless mind (2004) La science des rêves ( 2005) Soyez sympa rembobinez (2008).


La réponse se trouve dans l'interview du réalisateur! Mais surtout dans le film... Même si Gondry respecte les stéréotypes du film de super-héros avec masque, histoire personnelle et célèbre compagnon, il fait un film qui joue subtilement avec les clichés pour faire un jeu de piste avec le spectateur avisé. Mélangeant Robin, Batman, Superman, et les autres, rendant la blonde super intelligente et indépendante, empruntant entre autres chez Tarantino pour le visuel et la BO (bo de la série the green hornet remixée pour kill bill) .


Il crée des personnages hors du temps avec leur costume et voiture trop classe des années 50, à la madmen,  qui sortent directement de la série  mais qui sont pourtant en prise avec des problématiques de notre époque. On se retrouve ainsi avec deux héros trentenaires un peu adulescents, un peu paumés, en prise avec leurs émotions, qui doutent... Un divertissement ludique et tout public à voir et revoir... rembobinez s'il vous plait!




A lire : The Green Hornet: de la série au film http://bit.ly/hEoNC5

jeudi 13 janvier 2011

Somewhere : mais pour aller où?


Il a tout, l'argent, le succès, toutes les femmes qu'il veut et surtout l'amour de sa fille, pourtant il est profondément blasé. Même entouré il se sent seul et passe la plupart de son temps à boire des bières sur son canapé quand il ne tourne pas en rond avec sa belle voiture. Sa fille présente quelques jours avec lui illumine son regard et semble rallumer une étincelle...

Quand on est fille du célèbre et richissime réalisateur Francis Ford Coppola, on ne peut que se demander la dimension autobiographique de ce film. Ici Sofia Coppola dénonce le miroir aux alouettes du star system, devant les caméras et les flashs on sourit, même si au fond on a envie de vomir... Sofia Coppola dépeint la difficulté de la relation père fille mais aussi la tendresse et l'affection, le tout avec des jeux de regards, de mise en lumière et un minimum de mots.

Elle met en scène les lieux de l'existence qui ne sont que des lieux de passage, lieux de perdition, luxe et luxure. La musique de Phœnix est toujours agréable à l'oreille; Elle Fanning irradie, à la fois tendre, mature, intelligente, espiègle. Stephen Dorff est parfait dans le rôle de la superstar looser incapable de reprendre le cours normal de sa vie, à la manière de Bill Murray dans lost in translation.

Bien sûr il n'est pas évident de faire un film sur l'ennui, la lassitude et le manque d'envies sans perdre quelques spectateurs au passage mais les scènes picturales, réalisées de main de maître  réconcilient avec les personnages, à l'image de la scène de la piscine cheveux ondulants dans l'eau, fausse tasse de thé, visages souriants miroirs l'un de l'autre... 

lundi 13 décembre 2010

Le nom des gens : le bouclier et la rose


A priori, ces deux là n'avaient rien en commun pour se rencontrer. Seulement elle est le sel de la vie qui lui manque et lui est la face protectrice dont elle a tant besoin. 

Elle est politiquement incorrecte, parle sans réfléchir, se promène toujours avec un sein qui dépasse, elle est brisée et nymphomane... Il est coincé, accro à son boulot, hanté par les fantômes de son passé et pataud avec les femmes depuis son adolescence. 
Narré comme un conte avec un prince un peu déglingué Jacques Gamblin parfait dans ce rôle de psychorigide en rémission et Sara forestier princesse olé olé qui couche avec ses ennemis pour sauver le monde.

Ce film drôle, sensible et attachant parle de notre époque et de ses problématiques, de l'engagement politique, de la grippe aviaire, du nucléaire, du devoir de mémoire, de la consommation qui remplace le vide, du rascisme et de la tolérance! Le tout avec une fraîcheur qui désarme.
Comment un secret peut empoisonner la vie parfois sur plusieurs générations? Qu'est ce que c'est qu'être bien pensant? Quel est le poids des origines? Que faut-il dire ou taire? Voilà quelques questions posées par « le nom des gens » Avec beaucoup d'humour et d'émotion. 



Le Nom des gens Bande Annonce du film
envoyé par LE-PETIT-BULLETIN. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

lundi 6 décembre 2010

A bout portant : ne vise pas bien loin

Les flics d'à bout portant sont des ripoux qui défendent leurs propres intérêts, sont déshumanisés, à l'image de la femme flic prête à buter une femme enceinte ou du Commandant Werner campé par un Gérard Lanvin aux traits tirés qui n'est résolument pas un gentil!

Roschdy Zem est excellent dans le rôle du braqueur flingueur au regard palpité et furieux, Gilles Lelouche en futur papa prêt à tout, se révèle en acteur très physique et offre une belle intensité au personnage.

Malheureusement on nage un peu trop dans l'excès et dans le pathos, on reste un petit peu trop au premier degré aussi... Pourtant on passe quand même un bon moment avec ce thriller rythmé, qui nous emmène en cavale, ça va vite très vite, on s'accroche au fauteuil. Un film à conseiller pour un soir de semaine où on veut voir des gentils méchants, des méchants méchants et une happy-end!

mercredi 17 novembre 2010

Potiche: Pas si cruche!


Survêt rouge et bigoudis sur la tête, poète naïve qui s'émerveille de l'écureuil et de la goutte de rosée, Catherine Deneuve entre dans la peau de Suzanne Pujol, héritière d'une usine de parapluies dirigée par son mari Fabrice Luccini, qui incarne un patronat à l'ancienne, avec des valeurs passéistes. François Ozon se moque de lui avec des répliques comme « casse toi pauv'con » ou encore « travailler plus pour gagner plus » qui ne sont pas sans nous rappeler quelques souvenirs.
Plus drôle dans le second degré, que dans le premier, kitch à souhait, on ressort de ce film rempli de couleurs flashy et d'odeurs de laque!
Plus qu'une simple adaptation théâtrale, un rôle fait sur mesure pour Deneuve avec ci et là des références à sa carrière, sublime actrice des parapluies de cherbourg, peau d'âne, belle de jour, avec une passion pour la comédie musicale, et un fort engagement féministe. En 1971, elle signe le manifeste des 343 salopes affirmant avoir pratiqué l'avortement, dans l'objectif d'obtenir une légalisation. Lors de la présidentielle de 2007, elle soutient Ségolène Royal, à qui un hommage est également rendu, lorsque Deneuve arrive sur la tribune rayonnante dans son tailleur blanc et lance un « Fraternité! » fédérateur! Allez voir le film! Vive le temps béni des amazones!
Petit bonus, un extrait de la pièce originale avec Jacqueline Maillan.


retrouver ce média sur www.ina.fr

dimanche 14 novembre 2010

Biutiful

Biutiful c'est un dessin d'enfant naïf et joyeux, c'est l'amour de ses parents, c'est le bonheur de l'instant présent. « Papa comment ça s'écrit biutiful ?».

Et pourtant, dans cette ville de Barcelone, biutiful ce n'est pas beau à voir, c'est triste et sombre, tout sent le moisi. A l'image de l'appartement de Uxbal (Javier Bardem) et ses enfants, où il ne fait pas bon vivre. La peinture est craquelée, tout est sale, sombre, glauque, l'humidité attire des papillons de nuit au plafond dans un battement d'aile poétique.

La vie c'est se battre, la vie c'est survivre, Uxbal l'a découvert très tôt en n'ayant jamais eu de père parti juste avant sa naissance et mort alors qu'il n'était encore qu'un enfant.

On le rencontre quelques temps avant de mourir, une terrible maladie le ronge et pourtant il se tient debout. Il lutte pour économiser de l'argent, pour laisser quelque chose à ses enfants, alors il continue à exploiter des chinois qui vivent parqués dans une cave, et dorment allongés les uns contre les autres comme des bêtes de somme. Il essaie d'arranger les choses avec sa femme qui est atteinte de troubles bipolaires, le trompe avec son frère et qui est incapable de s'occuper de ses enfants. Il devra les laisser seuls, face à un destin incertain.


Biutiful c'est  la pauvreté, l'alienation, la maladie, la folie, l'abandon... où est l'espoir?

samedi 13 novembre 2010

Les petits mouchoirs

Violence, de l'impact du métal contre le verre, un scooter, un homme, contre un camion, qui détruit le corps, brise les os, mâchoire fracassée, fractures, ecchymoses. Lorsque votre meilleur ami se retrouve sur un lit d'hôpital, ne pouvant plus articuler le moindre mot, que faîtes vous?
Les personnages du film de Guillaume Canet décident de mettre leur mouchoir dessus... de ne pas se priver de leurs vacances parce qu'après tout il ne faut pas s'arrêter de vivre pour si peu.
Chacun ses problèmes, chacun sa vie, chacun sa souffrance.
Ils font comme d'habitude, ne se disent pas ce qui a de la valeur, gardent leurs bleus au cœur, pour faire semblant d'aller bien, pour faire semblant d'avoir la tête haute.
Tableau de maître, d'amis, seuls ensemble, entre fous rires, crises de nerfs et remises en questions existentielles.
Guillaume Canet signe un film magnifique qui bouleverse les spectateurs venus là avec leurs petits mouchoirs qu'ils laissent tomber pour se retrouver face à eux même et se poser la question. Dans une vie, qu'est ce qui a véritablement de l'importance?


mardi 25 novembre 2008

Two lovers




Il veut mourir. Il est seul, pas réellement seul, mais il vit enfermé, dans un monde hors du monde tel un adolescent qui hésite, qui se cherche, qui voudrait savoir qui il est vraiment. Il souffre, cette souffrance on peut la ressentir avec lui, dans sa façon bancale de se tenir, de marcher. Comme au fond de son être, il peine à se tenir debout.
Son univers, une chambre où le temps s’est arrêté, des clichés en noir et blanc de lieux désaffectés. L’appartement de ses parents où il va et vient.

Et puis des visages, un visage doux, rassurant, maternel. Une jolie brune à l’air mutin.
Un autre visage angélique, une blondeur et une fêlure.
La blonde se dévoile. Elle ne sait pas où elle en est, elle aime profondément, un autre. Il l’espionne. Il la dévore du regard, il sent cette cassure en elle si similaire à la sienne. Il la désire.
La brune, l’a aimé au premier regard elle a tout fait pour qu’ils se rencontrent. Et au-delà de ça la réalité brute, une fusion commerciale entre les pressings de leurs parents.
Et puis la vie reprend ses droits il aime violement a s’en faire exploser la poitrine, cette blonde si belle, si tragique.
Il n’hésite pas une seconde entre les deux il devient fou il est prêt à tout…
Phoenix magistral dans son interprétation… son dernier film ? On le regrette, à le voir si intense. L’atmosphère du film, poétique, on en garde un fragment…
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