lundi 16 décembre 2019

Marriage Story : autopsie d'une histoire d'amour

 

Comment rester soi quand on est en couple ? 

 

Comment poser ses limites sans être tyrannique ? Comment exprimer ses besoins ou suivre ses désirs sans trahir l'autre ou être égoïste ? 
Comment se respecter et se montrer de l'affection quand on ne se supporte plus ?  

Le couple peut être une autoroute sécurisante qui nous apporte tout ce dont on a besoin. 
Ce que l'on néglige parfois c'est que sur cette autoroute on oublie parfois qui on est. La recherche de l'équilibre ne peut se faire que lorsque chacun affirme sa personnalité...Et c'est à dire parfois être dans le déséquilibre !

La grande force de Marriage story c'est d'arriver à nous faire nous poser ces questions...qui sont loin d'être des questions de rupture mais des questions qu'il est utile de se poser tout le long du chemin.  

Nicole (Scarlett Johansson) et Charlie (Adam Driver) avaient tout pour être heureux, lui metteur en scène à succès, elle actrice et muse... Parents d'un petit Henry dont ils sont tous les deux dingues... Et pourtant le couple est mort... On est ici dans une autopsie et non pas dans le jugement ou le comptage de points... 

Que s'est-il passé ? 

 

 Elle n'a pas su affirmer ce qui était important pour elle, il a minimisé ses désirs, ils se sont fondus l'un dans l'autre en se servant de l'autre comme d'une béquille, il s'est investi à fond dans le travail sans prendre en compte les répercussions sur son couple et sa vie de famille. 
Le tout amenant le couple à une agonie lente et irréversible.

Ce qui est magnifique dans Marriage story c'est la palette des émotions qui nous est présentée avec des acteurs qui arrivent à nous en montrer toutes les facettes, des larmes au rire, de la colère au pardon, de la haine à la bienveillance, du dégout à l'amour... 

La bataille juridique aussi est présentée de façon réaliste avec une montée crescendo. Au fur et à mesure de l'avancée des négociations les coups se font de plus en plus bas et on peut voir les jeux féminins et  masculins qui se dessinent. 

Scarlett Johansson étincelle de simplicité et de justesse

 

On avait l'habitude de la voir en sex-symbol, elle est ici forte et fragile, presque sans maquillage...
Adam Driver convainc avec force, humour et une immense intensité physique et émotionnelle ...
Il arrive à exprimer énormément d'émotions avec peu de gestes à l'image de la scène d'halloween, dans laquelle, déguisé en homme invisible il donne tout en quelques secondes pour émerveiller son fils à la porte... Ou la scène magique et comique dans laquelle il fait semblant de se taillader avec un canif et le fait réellement... devant l'assistante sociale médusée... 

Un film empreint de touches poétiques... 

 

Une chanson touchante sur l'amour perdu chantée par Charlie dans un bar...
Le thème de l'homme invisible qui est récurrent dans le film, après Halloween, l'année suivante Charlie se retrouve déguisé malgré lui en fantôme... comme une allégorie de présence invisible dans la vie de l'autre... 

Finalement, l'amour n'est jamais vraiment mort, il prend simplement d'autres formes, un câlin après une dispute, une coupe de cheveux ou un lacet noué sont tout autant de preuves que le respect, la douceur, la gentillesse et la bienveillance ont toute leur place malgré la fin du couple.
Et c'est aussi dans la relation à l'autre que l'on apprend à guérir de nos blessures et à grandir.







lundi 1 juillet 2019

Balançoire

 























  D'avant en arrière
  Tu prends ton temps, j’accélère
  Je me noie dans un verre
  Je me dis que tu t’en balances
  Que tout ça n’a aucun sens


  J’aime quand nos corps se croisent
  et quand nos yeux se toisent.
  J’aime quand tu baisses la garde 

  L’espace d’un instant je comprends 
  Ce que tu veux vraiment 

  D’avant en arrière on se balance à contretemps j’aimerais tant qu’on voyage ensemble de temps en temps 


D’avant en arrière tout est si simple 
Profitons en il fait si beau Balance toi,
Il n’y a que ça à faire balance balance balance toi plus fort, plus vite, plus loin ! 

D’avant en arrière on se balance à contretemps J’aimerais tant qu’on voyage ensemble de temps en temps 

 Prends moi dans tes bras serre moi, serre moi, serre moi, plus fort, me lâche pas, Me lâche pas, surtout pas je veux rester là, On est si bien toi et moi.


D’avant en arrière on se balance à contretemps J’aimerais tant qu’on voyage ensemble de temps en temps

mercredi 3 avril 2019

La Mule : Clint Eastwood en a encore sous le capot !

A 88 ans, Clint Eastwood nous prouve qu'il est plus que jamais dans le vent, avec la Mule, un film intergénérationnel, où bat le pouls de la vie ! 

La Mule au très long drive : éloge de la lenteur

 

Au menu, un charme irrésistible et rebelle, de la bienveillance, de la sérénité...
Ici, pas de courses poursuites spectaculaires de cascades et de voitures en feu, mais de la lenteur, un flegme en arme subtile,  rempli d'humour, d'esprit et de délicatesse. 
Le personnage octogénaire de Earl nous surprend par son éloquence sans filtre, son piment et sa fraîcheur.

You're a late bloomer ... 

 

Au fil de ses films, Clint Eastwood a joué et rejoué la relation complexe avec sa fille, jouée ici par sa véritable fille Alison. Leur relation trouve ici un parfum de rédemption.
"You're a late bloomer" Tu t'épanouis tardivement... lui dit sa fille devant un parterre d'hémérocalles, fleurs éphémères (en anglais day lilies, « lys d’un jour »). On peut les voir comme des métaphores de la beauté de l'instant présent...

Dis Clint t'aurais pas maté breaking bad par hasard ? 

 

 

Chez Clint, pas d'après-midi en charentaises devant la télé, les feux de l'amour ne sont décidément pas pour lui... On l'imagine plutôt regarder Breaking Bad en loucedé en se disant qu'il aurait bien aimé jouer le personnage de Bryan Cranston :) 
Heureusement pour nous qui nous délectons de cette histoire vraie ! A la fois sombre et lumineuse, cynique, drôle et surprenante. 

Coup de coeur pour la Bo avec la chanson "Don' let the old man in" bijou de tendresse et de simplicité qui va à Clint Eastwood à la perfection :)

jeudi 14 mars 2019

Sur le quai

Ils se dévorent des yeux d’une arrogance subtile
Comme une promesse au bord des pupilles
Un balai de cil à cil,
Puis ils se serrent avec pudeur
Repensant à la chaleur de leur tendresse
Du bout des lèvres ils se goûtent encore un peu.

vendredi 7 décembre 2018

Le petit dentier

Quand j'étais enfant, j'ai eu les oreillons, c'était douloureux et pénible, mes parents ne savaient plus comment me soulager parce que je me tordais de douleur.

Ce jour là, mon grand-père m'a apporté un petit dentier qui claquait des dents, pour me faire rire. Il le remontait, le posait à côté de moi et il riait comme un enfant ! On peut dire qu'il y connaissait quelque chose à la douleur. Il a connu la guerre, les deuils de sa soeur et d'une fille, la souffrance d'un corps malade, voilà peut-être pourquoi ces silences... ces chut, chut, qu'on entendait quand il se déplaçait, avec ses genoux rentrés en dedans quand il marchait. Il ne voulait pas qu'on sache qu'il avait mal. En fait, je crois qu'il avait accepté l'idée que cette douleur chronique faisait partie de lui. Elle était présente,quoi qu'il fasse...Et lui, avait décidé de nous en montrer sa face lumineuse.

Je pense encore a ce petit dentier, et à mon grand-père que j'adorais... car quoi qu'il m'arrive, je sais qu'on serre les dents, même si c'est dur, même si elles claquent, on avance. Parfois la douleur se tait, parfois elle hurle, mais quoi qu'il arrive, la vie continue !

vendredi 14 novembre 2014

Le frigo et la mouche


Elle avait mis sa tête dans le frigo tellement la chaleur faisait rage. Cela faisait des jours et des jours que la canicule s'abattait sur le pays et personne ne savait quand tout cela allait enfin s'arrêter.

Elle souriait pensant au ridicule de la scène, si elle avait pu entrer un bras ou une jambe elle ne se serait pas gênée... Elle en venait à se rêver contorsionniste.

Dans un cirque pourquoi pas? Un numéro de contorsion dans un frigo... ou au milieu de la piste volant sur un trapèze, libre comme le vent, dans une époque intemporelle, gaie et simple...

Elle se demandait comment elle en était arrivée là, à rêver, seule devant son frigo qui ne répondait pas à ses questions métaphysiques, pas même de façon aléatoire...les choix qu'elle avait fait pesaient sur sa vie comme un arbre sur une mouche. Elle avait envie de dégager sa tête mais merde... la grille... punaise... je suis coincée...

mercredi 15 octobre 2014

La vague bleue arrive : Haïkus

 















La vague bleue arrive
impassible elle glisse
dans mes pensées

La vague bleue arrive
sur la plage un souvenir
s'en va revient et dérive

La vague bleue arrive
le sel et le citron
piquent sur tes lèvres

La vague bleue arrive
à la surface flotte
l'air du temps qui passe

dimanche 9 juin 2013

Un temps pour rêver
















Debout dans le bus,
écrasée contre la porte du tramway,
dans le métro bondé, contre une vieille dame,
Je prends le temps de respirer,
Je compte mes respirations
1....2....3....4.....5
et je pars en voyage! 
J'imagine une plage des caraïbes,
Un endroit merveilleux où je suis
déjà allée...
J'imagine tous les détails 
Il fait un temps superbe,
Je ressens la chaleur sur chaque parcelle
de mon corps et une petite brise légère
Je bronze tranquillement...
Je sens les grains de sable glisser 
entre mes orteils,
Je me lève pour aller goûter l'eau,
Je trempe mes pieds
Elle est trop bonne! 
Il y a des poissons multicolores
qui nagent dans l'eau bleue turquoise,
Je me sens bien, la vie est belle,
Je vais bosser dans quelques minutes, je m'offre un voyage immobile... 
Et vous? quelle est votre destination?

vendredi 8 mars 2013

Journée de la femme : Vive les hommes!

Mais pourquoi donc une journée de la femme si on a pas une journée de l'homme? Parité oblige! Il serait grand temps de trouver une date! 

Pourquoi pas ne pas manifester : les hommes sont des femmes comme les autres après tout? Bon d'accord, à d'énormes détails près... nous ne sommes pas égaux et c'est tant mieux.
N'élevez pas les boucliers ... Nous avons de belles différences! 

Quel bonheur de pouvoir se blottir contre un torse musclé, s'envelopper dans des bras forts, essayer de deviner ce qu'il ne dit pas, parler pendant des heures sans se faire couper la parole, euh chéri tu m'écoutes là? Ne pas se mettre les mains dans le cambouis parce que c'est un boulot de mec ça...
Sans parler des fleurs qu'il nous offre ou de la porte qu'il nous tient...



Je crois qu'aujourd'hui en France on a pas trop à se plaindre ... Si ce n'est celui de l'écart de salaire qui n'arrête pas de me friser les moustaches... euh si j'en avais... vous avez remarqué comment j'ai évité la vulgarité... Enfin voilà comme aujourd'hui c'est la journée de la femme OUI j'ai envie de l'avouer! Mon homme fait aussi la cuisine, la vaisselle, le ménage,la lessive il étend le linge et il descend les poubelles... (chéri je t'aime) Attention! ce n'est pas pour ça que je passe mon temps à me limer les ongles... 


On est plus aujourd'hui sur un mode partage des tâches que sur un style de discours : oui mon chéri le repas est prêt tiens je t'ai repassé ta chemise... ce n'est pas celle là que tu voulais, tu en es sûr? HORREUR!!! 
Pourtant il n'y a pas si longtemps que ça, dans la génération de mes parents c'était précisément le cas.

J'ai tendance à dire que j'ai un comportement masculin assez important, je parle haut et fort, je tape du poing sur la table, je dis ce que je pense, sans pour autant être une princesse. Cela je le dois aux hommes qui m'entourent depuis que je suis toute petite et qui m'ont permis de m'affirmer et de devenir la femme que je suis.

Vive la journée de l'homme!

mardi 5 mars 2013

Real Humans : Quand les robots changent le monde!

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'une série Suédoise incroyable dont l'esthétique et la grâce m'ont totalement convaincue et scotchée.

Il s'agit de Akta Människor (Real humans) qui crée un univers dans lequel les hubots, des robots humanoïdes ont pris la place des humains pour effectuer les tâches de la vie courante. 
Programmés pour être l'employé docile, l'aide à domicile ou l'objet de tous les désirs, les hubots sont d'une bizarrerie indicible. Presque humains sans l'être, ils ont des visages parfaits, des teints de peau diaphanes, des yeux aux couleurs éclatantes. 

 Agissant parfois comme des humains ou ayant des comportements étranges, ils sont programmés en fonction de leur type d'utilisation et se rechargent grâce à une prise électrique. 
On pourrait penser que cette évolution de la société entrainerait un bonheur parfait ainsi que la fin de nombreux problèmes et pourtant, la nature humaine a la dent dure...

Odi joué par Alexander Stocks
 J'ai été particulièrement émue par le jeu des comédiens Sten Elfström qui interprète avec beaucoup d'humour et de vécu le personnage de Lennart, un grand-père qui a l'âge de ses artères et une âme de petit garçon et celui d'Alexander Stocks dans le personnage d'Odi, un hubot un peu usé, qui cuisine des lasagnes et qui va à la pêche. En dépit de l'aspect figé du hubot, le comédien arrive à transmettre une intensité émotionnelle et une fraîcheur remarquables.

Malgré quelques faiblesses scénaristiques cette série ambitieuse nous projette dans son univers élégant, glacial, mécanique et nous embarque dans cette aventure métaphorique où les réflexions sociétales ne laissent aucune place aux tabous.

La série de 10 épisodes sera diffusée en france sur Arte le jeudi soir  à 20h50 du 4 avril au 2 mai 2013

ÄKTA MÄNNISKOR - Bande-annonce (Sous-titres... par levillage-asuivre

mardi 26 février 2013

Wadjda : Le vélo qui vole

Quoi de plus naturel pour un enfant d'apprendre à faire du vélo. Parce qu'apprendre à pédaler c'est déjà le premier pas vers l'indépendance. Dans mes souvenirs d'enfance, je revois encore les petites roulettes, mon père qui les enlève et qui me pousse pour qu'enfin je m'élance, les nombreuses gamelles, mais aussi cet incroyable sentiment de liberté.

Seulement Je suis née en France et ce sentiment très naturel s'effrite alors que je me retrouve devant "Wadjda", premier film réalisé en Arabie Saoudite, étant donné que tous les cinémas ont étés fermés en 1980 par le gouvernement du royaume wahhabite.  Ce film bouleversant, a de plus été réalisé par une femme, la réalisatrice Haifaa Al Mansour ...  Qu'en aurait-il été si j'étais née là-bas?

Là bas, les femmes ont juste le droit de respecter les règles qui leur sont imposées par la religion et par les hommes. L'école, qui de notre point de vue, est davantage gérée comme une prison, éduque les fillettes à peu à peu, endosser les règles qui les privent de leur liberté.

Au travers du regard de Wadjda, écolière de 10 ans qui rêve d'acheter son propre vélo, on se mèle au coeur de ces hommes et de ces femmes, pour qui les traditions et "l'honneur" légitiment les pires discriminations.

Naître femme est presque une honte à en voir l'arbre généalogique du père de Wadjda qui ne retient que les noms des hommes. Les bicyclettes, sont réservées aux garçons parce que ces engins seraient soit disant des voleurs de vertu.

Ce regard de fillette, intrépide, innocent, rempli de fraîcheur et de détermination  m'a touchée au plus profond. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la réalisatrice qui est elle même un peu comme Wadjda, dans le désir d'un jour nouveau, dans le désir de changer les choses, pour qu'enfin toutes les petites filles puissent s'envoler,  au guidon de leur vélo.   
   

jeudi 14 février 2013

Oh my love

Ça sent la rose, le chocolat,
Le parfum du petit matin
L'odeur de ta peau
Ton visage blotti dans le mien

ça frise, ça décoiffe, ça enivre
c'est bon
ça dorlote, ça rassure, ça soulage
c'est frais, c'est chaud, c'est doux

Il n'y a pas de mots pour le dire
Juste ton expression, ton regard, ton sourire
Il n'y a pas de cinéma, d'éclats, de tralala
Juste toi et moi

Un jour comme tant d'autres
et pourtant
un moment, une heure, une seconde unique
où tu berces ma vie et la rends électrique




 









samedi 24 novembre 2012

Au destin qui s'invente


Mina et Julie se rendaient dans une soirée organisée par un célèbre magazine feminin.
Pour combler ses invitées, le magazine avait prévu un jeu de hasard qui permettait de gagner un tirage de cartes gratuit par une tarologue.

Mina ne tenait plus en place rêvant de découvrir ce que le destin lui réservait, elle voulait absolument savoir ce qui se passerait demain et après demain... Elle aurait voulu que sa vie soit plus simple, qu'elle file sur des rails. Elle aurait voulu pouvoir la lire comme dans un livre, en tournant chaque page sereinement. Elle aurait voulu que les éléments s'enchainent exactement de la façon dont elle voulait.

 Julie, elle, avait eu une expérience différente, elle ne connaissait que trop les diseuses de bonne aventure qui font et défont les rêves, qui vous jurent voir les prémices d' un avenir radieux ou vous implorent de changer la direction de votre vie avant qu'il ne soit trop tard. Elle savait que certaines choses s'étaient révélées vraies mais elle ne voulait pas croire qu'il n'y avait qu'un seul destin possible.


Et si  plusieurs courbes étaient disponibles? En fonction des efforts que l'on fait tous les jours, pierre après pierre, pour construire, pour découvrir qui l'on est, pour déjouer les jeux dans lesquels on s'empêtre.
Et si le destin n'était pas celui qui se lit dans les cartes, mais celui qui s'invente?

jeudi 12 juillet 2012

Rappelle toi Jacques

















Rappelle-toi Jacques
Il pleuvait sans cesse sur Paris ce soir-là
Et tu marchais souriant
Epanoui ravi ruisselant
Sous la gouttière

Rappelle-toi Jacques
Il pleuvait sans cesse sur Paris
Je t'ai croisé place du Chatelet
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Epanouie ravie ruisselante

Rappelle-toi Jacques
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas

Je m'abritais sous un porche
Et j'ai crié ton nom
Jacques
Et tu as couru vers moi sous la pluie
Ruisselant ravi épanoui
Et tu t'es jeté dans mes bras
Ivre de joie

Rappelle-toi cela Jacques
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la place
cette tisane tilleul-menthe
les yeux dans les yeux

Oh Jacques
Toi à qui je vole ces mots
Quelle connerie ce monde
Qu'en dirais tu maintenant?

Hommage à Jacques Prévert
Rappelle toi Barbara

mardi 5 juin 2012

Cosmopolis: tout ça pour une coupe de cheveux















Les films de Cronenberg ne ressemblent qu'à des films de Cronenberg, étranges, mystérieux, d'un autre monde. Les minettes venues voir le beau Robert Pattinson vont avoir un choc en voyant Cosmopolis.
La limousine, décor luxueux, froid, rempli d'outils technologiques, file comme un corbillard à travers la ville à la vitesse d'un escargot, si bien que le personnage peut descendre de la voiture en marche, aller manger au resto avec sa femme riche à millions, parler de mariage non consommé et remonter sans que la voiture n'ait bougé d'un pouce.
Le film ressemble à une tragédie grecque, avec ses héros qui parlent souvent dans un langage soutenu pas toujours compréhensible, une unité de lieu, la limousine, une unité de temps, une journée, et une action, l'envie d'une coupe de cheveux.
Au final, on est devant un vrai film d'auteur, philosophique, qui parle de la maladie de la win attitude capitaliste, de la rigueur de l'analyse face à l'émotion, du désir qui enivre et de mort imminente. Robert Pattinson fait l'unanimité dans ce rôle qu'il assume avec folie et profondeur. 
On l'avoue, on ne comprend pas tout, mais on ne reste pas insensibles.


jeudi 31 mai 2012

In treatment


 Abusif, agressif, accusatif, impulsif, et encore bien d'autres adjectifs, il parlait de sa mère avec un comportement compulsif, c'était elle, le déceptif, la cause de tous ses problèmes affectifs, je lui aurais bien scotché la bouche à l' adhésif.

Mais je bougeais la tête façon affirmatif, c'était soi-disant un remède roboratif, je voulais me montrer compréhensif. Il racontait ses problèmes consécutifs, j'étais à moitié attentif, c'était pas très constructif.

Il avait zappé les contraceptifs, se crispait façon convulsif, il était un peu trop hâtif, hyperémotif, pas très imaginatif.

j'étais toujours pas très coopératif, ni démonstratif,
il m'a dit patience ce sera furtif, moi les yeux sur la tapisserie, je matais les motifs, contemplatif.

Il était vraiment trop naïf, beaucoup trop narratif, négatif, carrément rébarbatif, je dirais presque vomitif et niveau olfactif c'était perfectif .

La séance est terminée Monsieur plaintif, pour l'heure suivante le prix n'est pas dégressif encore moins demi-tarif!

dimanche 27 mai 2012

La laitue qui voulait s'enfuir

Sentir les gouttes de pluie glisser sur moi, en moi, c'était devenu insupportable, je n'en pouvais plus. Moi qui rêvais de soleil, je pataugeais dans la boue. Enlisée jusqu'au cou, je rêvais de fuir à toute berzingue, de courir, de sauter toutes feuilles au vent.

Je rêvais d'enfants qui me feraient virevolter dans les airs. Je rêvais de me promener, sur le siège avant du jardinier. Ensemble on rirait, on irait voir le coucher du soleil en haut d'une montagne. La vie serait belle.
Mais je suis une laitue, bordel, une laitue, je n'ai pas d'âme parait-il, je suis plantée là, sans autre choix. Je n'ai pas de bouche, alors je m'écrase, je n'ai pas de jambes, je ne peux pas m'enfuir, je n'ai même pas de bras pour étreindre ceux que j'aime.

Alors je rêve et je regarde le ciel, sachant que quand je serais suffisamment belle, je serais bonne à bouffer.

Pendant le temps qu'il me reste je pense et repense à tous ces cons et à leurs crises de conscience, à tous ces humains qui ont des bras et des jambes pour réaliser leurs rêves et qui n'en font rien...

lundi 21 mai 2012

De rouille et d'os : De chair et d'émotions


Jacques Audiard nous a habitué dans ses films à des personnages cassés par la vie, brisés, handicapés. On n'est donc pas dépaysés de son univers à la vision de son dernier film.

Matthias Schoenaerts est un acteur qui ne laisse pas indifférent, montagne de muscles, regard bleu transparent, mystérieux. 

Il joue le personnage d'Ali, qui débarque à Antibes chez sa soeur, sans argent, avec son fils sous le bras. 

Audiard les filme sous une lumière où ils semblent parfois jumeaux, avec ce quelque chose de sauvage qui vient de l'enfance. 

Ali croise la route de Stéphanie, qui perd ses jambes lors d'un terrible accident, filmé magistralement, avec rigueur et minimalisme. 

Lui amputé du coeur, n'exprime pas ses émotions, elle amputée des jambes doit réapprendre à vivre. 

Dans ce rôle, Marion Cotillard est forte, intense, lumineuse. Sans fard, elle arrive à nous raconter cette histoire de manque, avec simplicité et pudeur.

Sans empathie, sans compassion, Ali aide peu à peu  Stéphanie à se relever.
Lui continue à se battre, littéralement, jusqu'au moment où il va briser la glace... 



samedi 5 mai 2012

Je ne suis pas votre cocotte

Les mots que vous m 'écrivez me tuent. A petit feu, tout doucement, je suffoque. Je ne suis pas votre cocotte... Je marmonne, je ronchonne, parfois j'en déborde. Je pleure, Vous me cuisinez aux petits oignons. Vous me faîtes la cour, sifflez comme un pinson puis jouez au Robinson. Votre absence me tue, dans le noir je vous imagine, votre visage, votre torse, vos hanches, votre voix. Dans ma tête, Je vous entends, je vous vois. Vos écrits sont beaux, vos écrits sont doux, je me love dans vos mots, je les respire, je bois vos paroles. J'en deviens agaçante, je m'agace moi même, je ne pense plus à rien, je pense à vous.

mardi 24 avril 2012

Rien ne s'efface

Ma chère épouse, mes chers enfants et petits enfants, mes chers amis,
si vous êtes réunis aujourd'hui autour de moi c'est pour célébrer une fête. La mort fait autant partie de la vie que la naissance! Et puis j'ai 90 ans il est temps pour moi de partir!
Pleurez, riez, chantez, mangez avec appétit, ne soyez pas tristes et sombres.

Ne culpabilisez pas de ce qui aurait dû ou ce qui aurait pû être. Souvenez-vous de nos fous-rires, des jours où je racontais des blagues pas très drôles et quand je chantais debout sur la table. Souvenez-vous des moments ou nous étions heureux.

Aujourd'hui je pars,
je ne serais plus jamais le même dans vos yeux, mais je serais toujours le même dans votre coeur.
L'amour que je vous ai donné, tout ce dont on a parlé, tout ce qu'on a partagé, rien ni personne ne peut le reprendre et vous accompagnera tout le long du chemin.

Acceptez de me dire au revoir et vous serez libres. Libres de vivre votre vie. Libres du passé et de son poids, libres de rêver...

Il y a une dernière chose que je souhaite vous dire,alors que nos chemins se séparent aujourd'hui.
Vous allez rire, c'est un enseignement vieux comme le monde et si simple à la fois.
Aimez-vous les uns les autres. Restez toujours ensemble. Ensemble on est plus fort, ensemble on se serre les coudes, ensemble on ne laisse jamais le faible sur le bord du chemin.
Ne restez pas sur des querelles stupides. Apprenez à mieux communiquer, Apprenez à vous connaître, allez vers les autres et pensez aux autres, ne soyez pas auto-centrés et égoïstes, allez à l'essentiel!
Le mot du jour, celui que je devais trouver chaque jour dans mes mots croisés c'est l'essentiel et ça s'écrit en cinq lettres, ce mot c'est AMOUR.
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